Les jeux pirates

Comme tout collectionneur, le videoludophile peut être confronté au problème des contrefaçons. Celles-ci peuvent très vite se révéler être une plaie pour tous ceux qui cherchent à se constituer une collection de jeux authentiques.

Ayant trouvé peu de choses sur le sujet sur le net, j'ai décidé de rédiger cet article, afin de vous faire part de mon expérience personnelle à ce sujet. De même, si vous avez des choses à ajouter ou à préciser, n'hésitez surtout pas à nous en faire part.

Tout d'abord, il convient de distinguer jeu pirate et jeu non officiel, réalisé par exemple par un groupe d'amateurs. Cette catégorie ne rentre pas dans les jeux pirates car il y a une réelle démarche artistique (les jeux étant de vraies créations de A à Z), et leur existence ne fait de tort à personne. Bien au contraire, elle permet parfois de faire renaître une console qui commençait à prendre la poussière. On peut citer par exemple le jeu Pier Solar, sur Megadrive (dont je reparlerai prochainement), ou encore le jeu Mr Splash sur NES.

Ainsi, si l'on exclut les créations d'amateurs, on peut d'après moi distinguer trois catégories de jeux pirates :

1 - Les copies de jeux existants :

Ce sont probablement les jeux pirates les plus fréquents. Ce sont de simples copies de jeux existants, généralement en provenance de Chine. Les copies sont plus ou moins faciles à distinguer de l'original, selon la qualité de leur réalisation. Ainsi, il arrive souvent que la copie ne possède pas la pile de sauvegarde présente dans la cartouche originale (impossibilité donc de sauvegarder la partie).

Voici un exemple de jeu pirate : une copie du jeu Shark Tale sur Gameboy Advance (au passage, je ne comprends pas trop l'intérêt de faire des copies pirates de ce jeu qui est plutôt moyen et n'a donc pas dû se vendre énormément...).

Comme on peut le constater, le logo "Nintendo Seal Of Quality" figure bien sur la boîte du jeu. Celui-ci, censé assurer la qualité de l'objet, n'est donc nullement l'assurance que le jeu n'est pas une copie. Ici, néanmoins, plusieurs indices permettent de déceler facilement la supercherie. Ainsi, la  jaquette n'est en fait qu'un scan (plutôt mal fait d'ailleurs) de la version PC du jeu. On peut à ce propos encore distinguer la mention "PC CD-Rom" sur la boîte du jeu. De même, l'autocollant sur la cartouche est clairement un faux, le "Nintendo Seal Of Quality" n'étant même pas présent. Enfin, la qualité du carton de la boîte est étonnament bien meilleure que celle utilisée sur les jeux officiels.

2 - Les jeux exploitant des licences à succès :

D'autres pirates ont choisi une autre voie : celle de "créer" de nouveaux jeux reprenant des licences à succès. Attention, une fois encore, il faut distinguer les jeux amateurs créés dans un but non lucratif par des fans, et les vrais jeux pirates. Ainsi, on peut facilement trouver sur internet de nombreux jeux Mario ou Zelda non officiels, mais gratuits. On peut par exemple citer le Zelda Mystery Of Solarus, qui reprend le moteur graphique de A Link To The Past, et qui est très bien réalisé.

Ainsi, les jeux pirates dont il est question ici sont généralement très pauvres d'un point de vue  artistique, et uniquement créés dans le but de gagner de l'argent en surfant sur une licence à succès. La licence qui a sans doute le plus fait les frais de ce phénomène est sans doute Pokémon. Il existe en effet de nombreux jeux Pokémon pirates et totalement farfelus. Certains sont de simples jeux Pokémon dans lesquels les pirates ont remplacé le personnage principal par un autre. Il existe aussi une version de Super Mario Land dans laquelle on joue avec Pikachu à la place de Mario...

Pour exemple, je choisirai le jeu Pokémon Ruby Version 3 sur Gameboy Advance. A première vue, si l'on n'y prend pas garde, on pense avoir entre les mains le jeu Pokémon Version Rubis. Sauf que lorsque l'on met le jeu dans la console, on déchante vite. On est en effet bien loin du jeu d'aventure style RPG qu'est Pokémon Version Rubis. Il s'agit ici d'un banal jeu d'action / plate-forme de réalisation plus que moyenne, dans lequel on dirige un Pokemon à l'animation très statique (je crois que c'est un Dracofeu...).  Les graphismes sont très sommaires, à peine dignes d'une Gameboy, alors que nous  sommes sur Gameboy Advance. Les sprites sont tout petits, et les décors quasi-inexistants. Les ennemis (d'autres Pokémon) sont toujours lesLa magnifique notice de Pokemon Ruby Version 3 mêmes, ce qui rend l'action très répétitive. En bref, le jeu est clairement bâclé.  Comme vous pouvez le constater, la version du jeu que je vous présente est une version japonaise, mais il existe également une version européenne du jeu, ce qui montrerait que le jeu a été plutôt bien distribué pour un jeu pirate. Malgré la présence du "Nintendo Seal Of Quality" sur la cartouche du jeu (il n'apparaît pas sur les boîtes de jeu japonaises), il est évident que l'on n'est pas face à un jeu officiel. Avant même d'avoir essayer le jeu, il y a en effet un indice qui ne trompe pas : la qualité du livret. Celui-ci ne fait que huit pages et fleurte avec l'amateurisme.

3 - Les cartouches "compilation" :

Il existe également une autre catégorie de jeux pirates : ce sont les cartouches de jeux regroupant plusieurs jeux existant. L'exemple présenté sur la photo est une cartouche Game Boy 82 jeux en 1. Lorsque l'on allume la console, on tombe sur un menu ultra sobre, listant tous les jeux présents sur la cartouche. Ici, pas d'animation ou d'illustration... Lorsque l'on a sélectionné son jeu, on arrive au menu habituel du jeu. Il est à noter que si l'on éteint la console sans retirer la cartouche, on retombe directement sur le menu du dernier jeu sélectionné lorsqu'on la rallume. Si l'on s'intéresse au contenu, les jeux présentés sont, pour beaucoup, des classiques de la console. L'idée d'en avoir autant compilés sur une même cartouche est donc plutôt alléchant, si l'on n'est pas spécialement collectionneur. Néanmoins, l'accroche "82 in 1" est un peu mensongère, car il y a de nombreux doublons dans la liste, et certains jeux sont même présents en différentes versions (japonaise, américaine...).

Pour conclure, nous pouvons donc dire que les jeux pirates, en plus d'être sans doute une plaie pour l'industrie du jeu vidéo, le sont également pour les joueurs et les collectionneurs, surtout à cause de leur qualité de réalisation plus que douteuse dans certains cas. Si encore il s'agissait de bons jeux...

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Commentaires (2)

1. michel (site web) 27/04/2013

Bonjour,
j'aimerais savoir à qui signaler la vente de jeux contrefaits. Ils sont faits à l'identique, ainsi que la boîte du jeu et sont vendus sur leboncoin, qui lui, refuse de supprimer l'annonce malgré la copie du mail où le vendeur admet vendre un "cartmod" (reproduction).
Merci

2. pigachemike (site web) 27/04/2013

Bonjour,

Il est étonnant que Le Bon Coin refuse de retirer l'annonce, puisqu'il est clairement écrit dans leurs règles qu'ils refuseront toute annonce suspecte à ce niveau. Dans tous les cas, s'ils ne veulent pas réagir, vous pouvez toujours tenter de contacter le CNAC (Centre National Anti-Contrefaçon) : http://vosdroits.service-public.fr/professionnels-entreprises/R17633.xhtml.
En espérant vous avoir aidé.
Cordialement,
Michaël Pigache

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